Avant de parler chevaux et kilowatts, un rappel s’impose. L’acronyme HF — pour High Fidelity — incarne l’ADN compétition de Lancia depuis les années 1960. C’est sous ce badge que la Fulvia Coupé HF a remporté ses premiers lauriers, que la Stratos a dominé les rallyes au milieu des années 1970, que la 037 a résisté aux 4×4 au Groupe B, et que la Delta HF Integrale a écrasé la concurrence avec six titres constructeurs consécutifs entre 1987 et 1992. Au total, onze titres de Champions du Monde des Constructeurs en WRC : un record absolu, toujours imbattu.
Puis le silence. Lancia quitte les sommets de la compétition au début des années 1990, et la marque végète pendant trois décennies, réduite à une poignée de marchés et à une seule Ypsilon. Jusqu’à ce que Stellantis décide, sous l’impulsion de son directeur général Luca Napolitano, de rallumer la flamme.
L’Ypsilon HF routière, commercialisée à partir du printemps 2025, ne plaisante pas avec les chiffres. Sous son capot — façon de parler — loge un moteur synchrone à aimants permanents de 280 chevaux et 345 Nm de couple, partagé avec l’Alfa Romeo Junior Veloce. La batterie de 54 kWh propulse cette citadine de 0 à 100 km/h en 5,8 secondes, ce qui la place directement dans la cour des Alpine A290, Mini John Cooper Works électrique et autres Volkswagen ID. GTI attendus. Côté gabarit, l’Ypsilon HF gagne 4 centimètres en largeur par rapport à la version de base, pour atteindre 1,80 mètre, avec des voies élargies, des boucliers plus agressifs et, sous la carrosserie, un différentiel autobloquant mécanique emprunté à l’Abarth 600e. Dedans, les appuie-tête arborent le badge HF et l’ambiance rappelle — avec tact — les sportives d’antan.
Ce qui rend ce retour particulièrement sérieux, c’est la méthode. Lancia ne s’est pas contentée de coller un badge HF sur une auto de route : elle a reconstruit une pyramide compétition de A à Z.
Premier échelon : l’Ypsilon Rally4 HF. Animée par un trois-cylindres 1,2 litre turbo essence de 212 chevaux, avec boîte manuelle à cinq rapports et différentiel à glissement limité, cette version compétition est née de la collaboration entre Lancia et Stellantis Motorsport. Elle a été développée avec le concours de Miki Biasion, double champion du monde des rallyes (1988 et 1989) au volant d’une Delta. En 2025, elle a brillé dans le Trofeo Lancia, série monomarque courant sur six épreuves du Championnat d’Italie des Rallyes : plus de cent voitures vendues, une quarantaine d’équipes engagées, et un titre de Champions d’Italie deux roues motrices décroché en beauté. Les vainqueurs du trophée, Gianandrea Pisani et Nicola Biagi, ont conclu leur saison avec une manche d’avance sur leurs poursuivants. Lancia retrouvait ainsi la compétition avec fracas — et le succès dans la foulée.
Deuxième échelon : l’Ypsilon Rally2 HF Integrale, dévoilée en novembre 2025 depuis les ateliers de Stellantis Motorsport à Satory, en France. Cette arme de guerre — propulsée par un 1,6 litre turbo essence, développée avec l’expertise engrangée sur les programmes Peugeot et Citroën en rallye — est entrée dans la catégorie WRC2 dès janvier 2026 au Rallye Monte-Carlo, épreuve dans laquelle Lancia compte 13 victoires au classement général, un record absolu. À son volant : Yohan Rossel, vice-champion du monde WRC2 en 2025, et Nikolay Gryazin. Le programme 2026 couvre au moins huit manches du WRC2, le Championnat d’Europe des Rallyes et plusieurs championnats nationaux en Italie, France, Espagne et Belgique.
Onze titres constructeurs WRC. Treize victoires au Monte-Carlo. Trente ans d’absence. Cent voitures de compétition vendues dès la première saison du Trofeo. Soixante unités de la Rally2 HF Integrale déjà acquises par des équipes et clients privés avant même son premier départ officiel. Et le champion du Trofeo 2025 qui rejoindra l’équipe officielle en ERC 2026 : Lancia ne bâtit pas une image, elle bâtit un programme.
Ce retour est aussi une belle leçon de cohérence : la même silhouette Ypsilon, du parking du supermarché aux chemins enneigés du Monte-Carlo. Difficile de ne pas sourire.
La Lancia Ypsilon HF incarne quelque chose d’assez rare dans l’industrie automobile actuelle : un retour qui tient ses promesses. Une citadine électrique qui mord au vif, une famille compétition qui monte en puissance étape par étape, et un symbole — l’Elefantino rouge — qui reprend des couleurs après trois décennies dans les cartons. Turin est de retour sur la carte du sport automobile, et cette fois, ce n’est pas juste pour la nostalgie.
Envie de tout savoir sur la Lancia Ypsilon et ses déclinaisons ? Retrouvez les brochures Lancia Ypsilon disponibles sur Brochure Auto et consultez également la notice d’utilisation de la Lancia Ypsilon pour tout connaître de votre futur bolide électrique.






