Il y a des voitures qui font la une une fois, et puis il y a la Twingo. Trente ans après avoir mis le feu au Salon de Paris 1992 avec sa fameuse « face de grenouille », la citadine au losange revient sous une forme que personne n’aurait osé espérer : une quatrième génération 100 % électrique, vendue sous la barre psychologique des 20 000 euros, et fidèle à l’esprit frondeur de l’originale. Accrochez-vous, la petite bombonne est de retour.
Pour comprendre la Twingo E-Tech, il faut remonter aux origines tumultueuses du modèle. Plusieurs noms avaient été envisagés pour désigner la future citadine de Renault : Ypso, Tonga, Maya. C’est finalement Twingo qui fut retenu, présenté comme la contraction des mots « twist », « swing » et « tango ». Un nom qui claquait, pour une voiture qui allait claquer fort.
La Twingo fut présentée le 11 octobre 1992 et officiellement commercialisée le 2 avril 1993. Avec sa « face de grenouille », elle osait un profil de monospace appliqué à une citadine, lui donnant un espace intérieur généreux pour sa longueur de 3,43 m. Derrière cette naissance se cachait un roman industriel rocambolesque. Patrick Le Quément, directeur du design Renault de 1988 à 2009, avait convaincu Raymond Lévy de poursuivre ce projet audacieux malgré les réticences internes — un projet qui avait pourtant failli être enterré à plusieurs reprises depuis les années 1970.
Pour rendre le projet viable, les équipes emmenées par Yves Dubreuil n’avaient eu que trois mois pour démontrer que le projet pouvait être rentable, en appliquant une inédite recette : celle du « design to cost ». Le pari fut tenu haut la main. La première génération de la Twingo s’arrêta en 2007, après quinze ans de carrière et 2,4 millions d’exemplaires vendus.
Après le triomphe de la Twingo I, le bilan des générations suivantes fut plus mitigé. La Twingo II, révélée en 2007, emprunta beaucoup à l’excellente Clio 2 pour réduire les coûts, mais son design fut raté. Des responsables avaient cru malin de supprimer la bouille espiègle — celle-là même qui était un accélérateur de désir. Erreur de débutant.
En 2014, la Twingo III retrouva un peu de sa personnalité, mais sa base de plateforme partagée contraignit son architecture et interdisait tout retour de la légendaire modularité. Il fallut attendre une quatrième génération pour que la grenouille retrouve vraiment ses couleurs. Au Mondial de l’automobile de Paris 2024, pour le 30e anniversaire de la Twingo I, Renault présenta un concept précurseur qui annonçait clairement la couleur.
Pour concevoir cette quatrième génération, Renault s’inspira de la toute première version lancée en 1992. La silhouette reprend le format monovolume caractéristique, avec un court capot dans le prolongement du pare-brise. À l’avant, la fine calandre et les optiques rondes évoquent à nouveau le regard de « grenouille » de la Twingo originelle. Le chef-designer Gilles Vidal a réussi là où tant d’autres auraient versé dans la copie nostalgique stérile : la Twingo E-Tech est à la fois fidèle à son ADN et résolument contemporaine.
Le 6 novembre 2025, Renault présenta la version finale, très proche du concept, commercialisée à partir du 8 janvier 2026. Sous sa carrosserie pétillante — disponible entre autres en Vert Absolu qui rappelle les teintes bariolées des années 90 — se cache une technique sérieuse. La Twingo repose sur la plateforme AmpR Small de la R5, adaptée pour réduire les coûts. Le train arrière multibras laisse place à un essieu plus simple dérivé du Captur. Sous le capot, un moteur synchrone à aimants permanents de 60 kW (82 ch) et 175 Nm, alimenté par une batterie LFP cell-to-pack de 27,5 kWh.
Le 0 à 100 km/h est abattu en 12,1 secondes, pour une vitesse maximale de 130 km/h — idéale pour les trajets urbains et périurbains. L’autonomie annoncée atteint 263 km en cycle WLTP, soit près de 40 % de mieux que l’ancienne Twingo Electric — de quoi se promener toute la semaine sans angoisser.
Côté praticité, le grand retour des sièges coulissants est une véritable fête. Les fauteuils indépendants coulissent sur 17 cm, permettant de faire varier le volume de coffre entre 210 et 310 litres, auxquels s’ajoutent 50 litres sous le plancher. La Twingo garde cinq portes, un écran central de 10 pouces avec Google intégré et l’assistant vocal « reno » dopé à ChatGPT-4o mini.
Côté sécurité active, la Twingo n’a rien d’une citadine pauvre. Renault propose jusqu’à vingt-quatre aides à la conduite, dont le système de stationnement automatique — une première sur le segment — et une caméra de surveillance du conducteur positionnée dans le montant du pare-brise. Un bouton « My Safety Switch » permet d’activer ou de désactiver jusqu’à cinq aides simultanément.
La version Techno est affichée à 21 090 € hors bonus, tandis que la version d’entrée de gamme Évolution sera proposée à partir de 19 490 €. Après déduction des aides disponibles en 2026, le ticket d’entrée peut descendre à 13 750 € — moins cher qu’une Citroën ë-C3 ! La Twingo est fabriquée en Slovénie dans l’usine historique de Novo Mesto, ce qui soigne son éco-score européen.
Anecdote savoureuse : en 1993, la Twingo avait été le cadeau d’adieu du Parti Socialiste au Président François Mitterrand. Il avait eu le choix entre une bleue et une rouge à l’Élysée — et il avait choisi la rouge. Trente ans plus tard, la grenouille électrique n’a plus besoin de présidentielles pour faire l’actualité. Elle carbure à l’électron, et c’est largement suffisant.
La Twingo E-Tech, c’est l’histoire d’un pari tenu deux fois : celui d’une petite citadine populaire, espiègle et accessible, que Renault réussit à réinventer pour l’ère électrique sans trahir son âme. Elle réconcilie budget, style et écologie avec une légèreté de ton qui fait défaut à beaucoup de ses concurrents. En un mot : elle donne envie.
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