Il y a des salons automobiles qui valent manifeste. Le Salon international de l’automobile de Pékin 2026, ouvert au public du 24 avril au 3 mai, en est un pour Peugeot. Absent depuis plusieurs années de cet événement, le constructeur sochalien signe un retour très symbolique sur l’un des marchés automobiles les plus influents au monde — et il le fait en grande pompe, avec deux concept-cars inédits qui résument à eux seuls toute une stratégie de reconquête.
Pour Alain Favey, directeur général de Peugeot, le choix de Pékin n’est pas anodin : « Ce salon ne se limite pas seulement à présenter nos projets de futurs produits, il s’agit de réaffirmer notre ambition. » La Chine comme laboratoire, comme vitrine, comme levier. Le message est limpide.
Pour comprendre ce retour, il faut remonter aux origines. PSA, l’ancêtre de Stellantis, a été l’un des tout premiers constructeurs occidentaux à s’implanter en Chine, dès 1985. C’est en 1992 que le groupe décide de s’y enraciner plus profondément, en créant une coentreprise avec Dongfeng baptisée Shenlong — « le dragon magique » en chinois. Un nom qui sonnait comme une promesse.
Le partenariat s’est ensuite densifié au fil des décennies. Dongfeng, groupe étatique figurant parmi les dix plus grands constructeurs chinois, est entré en 2014 au capital de PSA et détient aujourd’hui encore une part du groupe Stellantis. Alliés industriels depuis plus de trente ans via leur coentreprise DPCA, les deux groupes n’ont jamais vraiment rompu le fil — même quand les ventes Peugeot en Chine se sont effondrées face à l’offensive des marques locales.
Au salon d’avril 2026, la marque au lion ne se contente pas d’une présence symbolique. Peugeot y dévoile deux concept-cars électriques inédits : le Concept 6, vision d’une grande berline façon shooting brake, et le Concept 8, avant-goût de ses prochains grands SUV. Ces deux études illustrent la stratégie de montée en gamme de la marque.
Stylistiquement, les deux silhouettes partagent un langage commun. À l’avant, une signature lumineuse composée de trois fines griffes horizontales pointe vers une calandre pleine au centre de laquelle trône le logo illuminé. À l’arrière, trois lignes de LED signent la poupe de façon reconnaissable. Des surfaces très lisses, des arches de roues creusées, une élégance revendiquée : Peugeot mise sur le désir avant le pratique. Bien plus que de simples études de style, ces concept-cars illustrent la capacité de la marque à anticiper les attentes d’une nouvelle génération de clients internationaux.
Ce qui distingue cette double révélation d’un simple exercice de communication, c’est l’engagement industriel qui l’accompagne. Stellantis et Dongfeng ont annoncé la relance de leur partenariat historique : deux nouveaux véhicules Peugeot électrifiés seront produits dans l’usine DPCA à Wuhan à partir de 2027, destinés à la Chine et à l’export mondial. Un accord stratégique plus large a également été signé, ouvrant la voie à une coopération industrielle étendue.
Des voitures françaises de cœur, chinoises d’usine, mondiales d’ambition. Le modèle n’est pas sans risque — la question de l’accueil réservé en Europe à des Peugeot assemblées à Wuhan reste entière — mais il reflète une réalité industrielle que d’autres constructeurs ont déjà assumée avant le lion. « La Chine est un moteur majeur de notre transformation globale, en particulier dans les domaines de l’électrification, de l’innovation et de la montée en gamme de la marque », résume Alain Favey.
La stratégie de Pékin ne se lit pas en isolation. Elle s’inscrit dans un renouveau stylistique et technologique plus large, amorcé dès novembre 2025 avec la présentation du concept Polygon. Ce showcar annonce la future e-208 et constitue la première expression du nouveau langage stylistique de Peugeot : lignes pures, formes géométriques, posture féline. Il introduit également le volant rectangulaire Hypersquare couplé à un système de direction steer-by-wire — une première dans l’histoire du groupe Stellantis — dont la mise en production est attendue à partir de 2027. La prochaine e-208, qui inaugurera la plateforme SP3 de Stellantis, devrait proposer jusqu’à 500 km d’autonomie WLTP et entrer en production à Saragosse à l’automne 2026.
Les Concept 6 et Concept 8 de Pékin reprennent ce même fil directeur et l’étendent à des gabarits plus grands, plus ambitieux, résolument tournés vers une clientèle internationale exigeante.
Peugeot joue en ce moment une partition à plusieurs voix : citadines électriques en Europe, grandes berlines et SUV premium via la Chine, nouveau langage de design pour toute la gamme. Avec la Chine comme pilier stratégique majeur, la marque avance avec confiance, s’appuyant sur son héritage tout en fixant de nouveaux standards pour l’avenir. Le lion est de retour sur la scène mondiale — et visiblement, il n’a aucune intention de se contenter d’un strapontin.
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