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Opel Manta : le coupé du peuple devenu icône (et légende du rallye)

29 juillet 2026 · 4 min de lecture
Opel Manta : le coupé du peuple devenu icône (et légende du rallye)
© AlfvanBeem / Wikimedia Commons (CC0)

Toutes les voitures cultes ne naissent pas dans le luxe. Certaines partent d'une idée toute simple : offrir au plus grand nombre un peu de style et de plaisir sans vider le compte en banque. C'est exactement le pari de l'Opel Manta en 1970 — et c'est ce pari, tenu pendant dix-huit ans, qui en a fait l'une des voitures les plus attachantes de l'après-guerre en Europe.

Un coupé pour tout le monde

La Manta débarque en septembre 1970, deux mois avant la berline Ascona dont elle partage la base technique. L'idée : habiller une mécanique de grande série d'une carrosserie de coupé élégante, à un prix accessible. En face, une rivale toute désignée, la Ford Capri, qui joue exactement la même partition. La bataille des coupés populaires est lancée, et elle animera les routes européennes pendant toute la décennie.

Le dessin, signé sous la houlette du styliste maison, tape juste : capot long, poupe tronquée, une allure de coupé américain miniaturisé pour l'Europe, avec ces quatre optiques rondes qui deviendront sa signature. À bord, rien de luxueux, mais une planche de bord orientée vers le conducteur et une position de conduite basse qui donnent tout de suite le ton. On n'achète pas une Manta par raison ; on l'achète parce qu'elle fait envie.

La première génération, la Manta A, tire sa révérence après cinq ans de carrière et environ 498 000 exemplaires. La Manta B, présentée en 1975, va faire encore mieux : produite jusqu'en 1988, elle devient le modèle Opel resté le plus longtemps en production, treize ans durant, à plus de 557 000 unités. Au fil des années, la gamme s'étoffe — jusqu'à la GT/E et ses deux litres d'environ 110 chevaux, rebaptisée GSi en 1984, ou la 2000E aux sièges Recaro. Rien d'extravagant sur le papier, mais un coupé sain, agréable, élégant, à propulsion et bien né côté châssis, que l'on pouvait s'offrir avec un salaire ordinaire.

Quand la sage Manta enfile sa combinaison de rallye

Car derrière l'image du coupé tranquille se cache une autre histoire, bien plus musclée. Pour la compétition, Opel développe la Manta 400, dotée d'un quatre-cylindres 2,4 litres à double arbre à cames en tête développant 144 chevaux en version route. Et là, la sage Manta se transforme en arme de rallye redoutable.

Le palmarès parle de lui-même. En 1983, Erwin Weber décroche le Championnat d'Allemagne des rallyes au volant d'une Manta 400, tandis qu'en France, la même année, Guy Fréquelin s'offre le titre national. L'année suivante, sur les pistes du Paris-Dakar 1984, l'équipage Guy Colsoul et Alain Lopes remporte la catégorie deux roues motrices et termine à une invraisemblable quatrième place au général — un coupé de série, ou presque, dans le désert, devant des machines bien plus sophistiquées. De quoi forger une légende.

Ce qui rend cette épopée si attachante, c'est le contexte : à l'heure des Audi Quattro et autres bêtes à quatre roues motrices, la Manta 400 restait une propulsion, fidèle à sa mécanique de série. Elle jouait avec ses armes, dans un sport en pleine escalade technologique — et elle marquait quand même des points. Son grondement rauque et ses arches de roues élargies sont restés gravés dans la mémoire de toute une génération de spectateurs de spéciales.

Bien plus qu'une voiture : un phénomène de société

Il y a un dernier chapitre, et c'est peut-être le plus savoureux. En Allemagne, la Manta est devenue un véritable phénomène culturel. Voiture préférée d'un certain public passionné et bricoleur, elle a inspiré tout un folklore — le fameux « Manta-Fahrer », le conducteur de Manta, personnage populaire à mi-chemin entre l'affection et la caricature, jusqu'à donner un film à succès au début des années 1990. Peu de voitures peuvent se vanter d'avoir marqué autant la culture populaire que la mécanique elle-même.

Ce statut d'icône ne s'est jamais démenti. En 2021, Opel a même ressuscité le nom avec la Manta GSe ElektroMOD, un restomod électrique reprenant la silhouette de la Manta A d'origine, calandre transformée en écran — une façon élégante de relier la légende d'hier aux ambitions électriques d'aujourd'hui. Preuve, s'il en fallait, que certaines formes ne vieillissent pas.

Aujourd'hui, une Manta en bon état s'arrache à des tarifs qui feraient sourire ses premiers propriétaires. Le coupé du peuple est devenu objet de collection — la plus belle des revanches pour une voiture qui n'a jamais cherché qu'à rendre le plaisir accessible.

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Sources
  • https://en.wikipedia.org/wiki/Opel_Manta
  • https://lautomobileancienne.com/opel-manta-b-1975-1988/
  • https://www.media.stellantis.com/fr-fr/opel/press/50-ans-de-legendes-les-opel-ascona-b-et-manta-b-des-icones-intemporelles-qui-continuent-d-inspirer
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